Des lumières qui tuent oiseaux et insectes par milliers!

Si les effets de la pollution lumineuse sur l’environnement naturel commence à peine à être connu, du moins au niveau du grand public, les travaux menés par les scientifiques depuis quelques décennies montrent que cet impact est d’une telle ampleur qu’il pourrait être responsable de la raréfaction voire la disparition de nombreuses populations et espèces animales.

Il est particulièrement difficile de catégoriser les espèces sensibles ou gravement touchées par la pollution lumineuse, car les problèmes causés par l’excès de lumière sont assez souvent circonstanciels. Toutefois à partir des études de plus en plus nombreuses sur ce sujet on peut dresser le tableau suivant. Toutes les espèces sont touchées, depuis les mammifères (chauves-souris principalement) jusqu’aux insectes (nocturnes) en passant par les oiseaux (surtout les migrateurs) et les reptiles (tortues marines).  Deux grands cas de figure se présentent;

- d’une part les espèces qui réalisent des activités particulières de leur cycle biologique la nuit, comme la migration ou la reproduction et qui vont êtres désorientées par la lumière. C’est le cas des tortues marines lors des phases de ponte ou lorsque les petites tortues nouveau nées doivent regagner la mer, mais aussi des oiseaux migrateurs qui voyagent de nuit ou des lucioles, insectes dont le rapprochement des sexes se fait par signaux lumineux.

- d’autre part les espèces nocturnes pour lesquelles la noirceur est l’environnement auxquels ils sont adaptés physiologiquement (mammifères et oiseaux nocturnes, batraciens, mais aussi plancton et même les plantes) et les espèces diurnes qui à contrario vont êtres dérangées par l’excès de lumière en milieu urbain.

Canons à lumière érigés en 2004 en mémoire des attentats du 11septembre 2001. Des milliers d'oiseaux ont été attirés par le double faisceau et tournoyaient dans la lumière.

Concernant le premier cas, les oiseaux migrateurs constituent probablement le groupe animal le plus visiblement touché par le problème de pollution lumineuse. En effet, les oiseaux utilisent plusieurs sens pour s’orienter lors de leurs déplacements migratoires et notamment des repères géographiques (chaînes de montagne, littoraux, …). De nuit et en particulier lorsque le ciel est couvert, les halos lumineux des villes et les éclairages des littoraux peuvent désorienter les migrateurs, puis les piéger dans les faisceaux lumineux. Plusieurs exemples spectaculaires comme la collision de plusieurs milliers d’oiseaux en une nuit de brouillard sur un pont reliant la Suède au Danemark, le jour de son inauguration, montre combien les grandes structures peuvent être meurtrières pour les oiseaux. Et les accidents de ce type sont malheureusement fréquents ; 5 000 à 10 000 passereaux (Calcarius lapponicus) tués ou blessés sur les mâts d’antenne radio dans le Kansas en janvier 1998;  plus de 10 000 oiseaux se sont heurtés à des cheminées d’usine en deux nuits pluvieuses en 1981 (Ontario) et 23 000 ont été trouvés morts sur ce site où le problème a été réglé en changeant les projecteurs par un éclairage qui n’attire plus les oiseaux((pour les détails  voir le site http://membres.multimania.fr/phildem/darksky.pdf et le document « « protégeons la beauté du ciel nocturne).  A Toronto, qui est localisée sur un couloir de migration, les collisions fréquentes sur les grands immeubles et en particulier sur la tour CN qui est l’emblème de cette ville, a fait réagir les groupes ornithologiques et les a amenés à concevoir des programmes spéciaux (site à consulter http://www.flap.org/new/nestegg.htm pour le Fatal Light Awarness Program  ou FLAP ) tout à la fois pour évaluer l’incidence de ces collisions sur les populations et aussi pour recueillir et soigner les oiseaux blessés.

Les populations d’oiseaux marins qui sont également en régression au niveau mondial (exception faite de certaines espèces de mouettes et goélands qui sont ubiquistes) sont particulièrement touchées par le problème de pollution lumineuse car de nombreuses espèces se déplacent de nuit et leur sens de l’orientation est perturbé par les illuminations le long des littoraux. Ils peuvent être également piégés par les puissantes lumières des phares et des plates formes pétrolières et mourir d’épuisement à force de tournoyer dans la lumière ou par suite de collision avec les structures. Des poussins d’oiseaux marins qui doivent s’orienter vers la mer lors de leur premier vol et qui sont habituellement guidés par la masse brillante de la mer peuvent être piégés par les lumières terrestres nocturnes terrestres et mourir d’épuisement après de nombreuses tentatives veines de trouver la mer, lieu de refuge et d’alimentation (LE CORRE M., OLLIVIER A., RIBES S. & JOUVENTIN P. 2002. Light-induced mortality of petrels : a four year study from Réunion Island. Biological Conservation. 105: 93-102).  

Ce même phénomène se produit avec les jeunes tortues marines qui doivent rapidement gagner la mer après leur éclosion ; sur des littoraux éclairés ces jeunes désorientés se dirigent vers les sources de lumière artificielles et non pas vers la mer qui, dans des conditions naturelles est la masse brillante attractive. Quant aux adultes qui fréquentent de génération en génération les mêmes plages, les lumières artificielles rendent ces lieux moins attractifs. Le problème est grave car les sites de ponte accueillants pour les tortues marines diminuent comme peau de chagrin du fait de l’urbanisation des littoraux…même en zone tropicale ! (http://www.science.fau.edu/biology/faculty_staff/Salmon.htm pour travaux de Salmon, M).

Pour les poussins d’oiseaux marins comme pour les tortues marines qui viennent d’éclore, ce processus d’orientation vers la mer, qui est une masse brillante de nuit, est inscrit dans leurs gènes. Les tortues femelles venant pondre s’orientent quant-à elle vers les hauts de plage guidées par la masse sombre des dunes par comparaison avec la mer. La plus grande obscurité est indispensable pour ne pas perturber ces espèces.

Concernant la seconde catégorie (espèces nocturnes pour lesquelles la noirceur est l’environnement auxquels ils sont adaptés physiologiquement) les espèces les plus touchées sont les insectes nocturnes volants, notamment les papillons et certaines espèces de chauves-souris.

Concernant les insectes, dans une étude récente un auteur allemand,  Eisenbeis (voir notamment la publication lights out for nature; http://www.urbanwildlands.org/Resources) a estimé qu’en saison estivale il meurt  en moyenne 150 insectes par nuit sur chaque lampe routière. Lors de son travail de terrain cet auteur a noté qu’une seule lampe dans un environnement forestier avait tué tous les insectes aquatiques émergents (Trichoptères) dans un rayon de 200 mètres autour de cette lampe. Eisenberg parle d’« effet  aspirateur » pour illustrer le fait que ces éclairages agissent de même en aspirant en quelque sorte les insectes puis en vidant les écosystèmes.  Au total, la mort de dizaines de milliards d’insectes à cause des systèmes d’éclairage mal conçus entraîne une perte de biodiversité (certaines espèces déjà affaiblies disparaissent localement) et perturbe fortement les écosystèmes.

Chez les chauves-souris, le tableau est contrasté, car la lumière bénéficie à certaines espèces  peu sélectives comme la pipistrelle et nuit à d’autres espèces intolérantes à la lumière comme le petit rhinolophe ou le grand rhinolophe. Les proies principales de ces espèces sont en raréfaction car piégées par les lumières artificielles et victimes des pipistrelles  On voit par cet exemple que la pollution lumineuse créé une contrainte supplémentaire pour une espèce en mauvais état de conservation et augmente la compétition entre espèces. Par ailleurs des études récentes (STONE, E.L., G. JONES & S. HARRIS. 2009. Street Lighting Disturbs Commuting Bats. Current Biology 19 : 1123-1127) ont montré que l’éclairage des bâtiments dans lesquels vivent des colonies de chauves-souris avait une incidence directe sur le taux de reproduction et de survie des jeunes.

Ce tour de la question, trop rapide, laisse de côté les batraciens (la plupart des espèces sont nocturnes), les poissons, les micro-organismes planctoniques et même les plantes (dans ce cas les impacts se font sentir au niveau du fonctionnement des écosystèmes). Mais une conclusion s’impose; l’impact de nos éclairages sur la faune sauvage s’ajoute à la longue liste des nuisances qui érodent peu à peu la biodiversité de notre terre.

 Le message est simple; la nature a besoin de l’obscurité et des solutions existent pour préserver l’environnement nocturne sans pour cela renoncer à l’éclairage. Alors toutes les installations lumineuses doivent êtres soigneusement étudiées avant leur mise en place au regard de leur impact potentiel sur l’environnement naturel et les travaux doivent se poursuivre pour mieux connaître ces impacts et y remédier.

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le ciel étoilé….un patrimoine culturel.

Depuis les années 1970, divers acteurs s’interrogent sur les conséquences socio-psychologiques de la perte du contact de l’homme avec l’environnement nocturne et l’observation du ciel profond et de la voie lactée.

Dans de nombreuses civilisations, les étoiles et les constellations ont joué un rôle dans l’établissement des calendriers, dans la navigation maritime avant l’invention des sextants. Les astres guident encore les hommes sur terre, au travers des déserts et sur mer. La vision du ciel étoilé est présente dans de nombreuses mythologies et de nombreuses religions. Elle a été la cause chez d’anciennes civilisations d’alignements de menhirs, de configurations de sites préhistoriques et historiques alignés sur les astres des solstices

En reliant les étoiles, nos ancêtres ont dessiné des figures et  relié ces images à des éléments de leur croyance religieuse. Les aventures des dieux et héros grecs ont été projetées dans le ciel et ont donné leur noms aux grandes constellations du ciel de l’hémisphère nord ; certaines cartes du ciel sont aussi des chefs d’œuvre de peinture !

De prime abord beaucoup de personnes pensent le ciel nocturne comme un tableau, plat, figé et voilà qu’il se révèle profond, changeant, mouvant si on prend le temps de l’observer longuement. Les points lumineux révèlent peu à peu leurs différences de couleur et d’intensité. Plus la nuit avance et plus notre regard devient tout à la fois perçant et englobant. 

Est-ce la nature presque initiatique de l’exploration du ciel de nuit, car elle demande du temps et de l’obscurité, qui produit un tel effet sur notre psyché ?

Et la multitude de points lumineux, planètes, étoiles, galaxies, parfois étoiles filantes, si l’on y accorde un certain temps, que l’on se laisse aller à les contempler jusqu’à y perdre toute notion du temps en ne suivant plus que la course des astres dans le ciel, produit un enivrement et conduit à des questions fondamentales. D’où venons-nous? Où allons-nous? Quelles sont les limites de cet univers?

Laissez-vous enivrer quelques instants avec ce diaporama!!!

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 C’est un spectacle éternel à l’échelle de notre histoire, le même depuis que l’homme se pense, le seul élément de notre environnement qui n’ait pas été transformé par la main de l’homme. Ce spectacle de l’immensité du ciel la nuit a été et doit rester une source d’inspiration pour toute  l’humanité. Et pourtant, 75 % de la population de la planète vit aujourd’hui dans des zones suffisamment urbanisées pour être concernées par la pollution lumineuse et n’a quasiment plus accès au spectacle des étoiles (environ 3 à 5% d’étoiles visibles).

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La pollution lumineuse recouvre plusieurs phénomènes…à découvrir pour mieux décrypter votre environnement.

Le terme de pollution lumineuse désigne les perturbations de l’environnement liées au développement à grande échelle dans les pays occidentaux essentiellement, de lumières artificielles la nuit. De nombreux auteurs qui se penchent sur ce problème pour le décrire et trouver des solutions depuis plusieurs années distinguent par commodité plusieurs formes de pollution lumineuse.

New York la nuit (photographié en temps de pose rallongé). Le ciel est d'autant plus orangé que l'air est humide et pollué.

Le première appelée halo lumineux correspond au  voilement des étoiles par les lumières artificielles. Ces lumières artificielles sont émises vers le ciel soit  directement  par les luminaires ou  après avoir été réfléchies sur le sol. Dans les deux cas, c’est la réflexion des rayons lumineux sur les particules en suspension (poussières, aérosols, humidité) qui forme un halo lumineux. La lumière blanche, parce qu’elle est davantage diffusée par l’atmosphère, contribue plus au voilement des étoiles que la lumière jaune. Ce sont les astronomes et astrophysiciens qui ont les premiers alerté l’opinion publique et les décideurs sur le problème de pollution lumineuse car les halos les empêchent d’observer les objets célestes. Ils désorientent également les oiseaux sauvages au cours de leurs migrations. Enfin ils empêchent la plupart des citadins d’avoir accès à l’observation de la voie lactée et à la plupart des étoiles. Dans les grandes villes du monde,  près de 97 % des étoiles ne sont plus visibles. Par exemple, le ciel de la région de Montréal ne laisse plus voir qu’une centaine d’étoiles, alors que dans la région du mont Mégantic, il est possible d’en contempler plus de 3000 à l’œil nu.

 La seconde forme de pollution lumineuse distinguée est l’éblouissement qui se produit lorsque les yeux sont soumis à un éclat lumineux résultant d’un éclairage intense, non uniforme ou mal dirigé. Les principales sources d’éblouissement sont les ampoules des éclairages publics ou privés de puissance trop élevée ou mal dirigées. L’éblouissement limite donc considérablement la capacité à distinguer les obstacles rencontrés et accroît les risques d’accidents.

La lumière intrusive donne parfois lieu à des altercations entre voisins!

Enfin la troisième source de pollution lumineuse est la lumière dite intrusive ; comme son nom l’indique, il s’agit de lumière non désirée pénétrant dans une propriété ou une demeure et qui constitue une nuisance. Plus généralement, pour les éclairagistes, c’est le flux lumineux qui traverse une fenêtre ou un mur imaginaire dessinant la limite d’une propriété ou d’un lieu de vie.  

Le premier problème identifié est la perturbation du sommeil, mais cette lumière intrusive peut avoir d’autres impacts sur la santé. Elle est également source d’inconfort et entraîne des discordes alors qu’elle a souvent pour objectif premier de faciliter la vie !

Ces trois formes de pollution lumineuse ont des incidences sur l’environnement (santé humaine, impact sur la faune et la flore, les écosystèmes…) mais constituent également un énorme gaspillage d’énergie car toute la lumière envoyée vers le ciel ou le voisin est également perdue et inutile.

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L’homme un animal diurne…. depuis la nuit des temps ?

Certains animaux sont actifs de jour et dorment la nuit ; on parle alors d’espèces diurnes.  D’autres sont actifs de nuit (espèces nocturnes) et leur physiologie est souvent adaptée à cette caractéristique : yeux plus grands, rétine surdéveloppée, organes de l’ouïe et de l’odorat plus développés, capacité à percevoir les infrarouges, ou les vibrations du sol..

Prenons l’exemple des adaptations à la vision nocturne et ses adaptations physiologiques. Les images se forment sur la rétine qui tapisse le fond de l’œil. Schématiquement, la rétine est constituée de deux types de cellules, les cônes et les bâtonnets. Les cônes réagissent aux couleurs tandis que les bâtonnets détectent l’intensité. Comme les cônes ont une performance réduite sous de faibles éclairements, ce sont les bâtonnets qui assurent la vision de nuit, mais seulement en noir et blanc : « la nuit tous les chats sont gris ».

 Toujours à propos du chat, sa vision nocturne est bien meilleure que celle de l’homme : il peut percevoir une lumière six fois plus faible. Il possède 204 millions de bâtonnets pour 3 millions de cônes seulement. L’homme quant à lui ne possède que 120 millions de bâtonnets pour 7 millions de cônes.

 Cette différence montre à elle seule que nous sommes bien une espèce diurne, adaptée à ce rythme depuis la nuit des temps !

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La peur du noir de l’homme moderne (donc citadin !) serait-elle liée à une perte de la capacité à voir dans l’obscurité ?

L’œil humain est capable de bien voir dans des conditions d’éclairement très variées. Par exemple il est possible de bien voir à la lumière d’un brillant soleil d’été tout comme à la douce lumière de la pleine lune. Cette adaptation ne se fait toutefois pas instantanément et l’adaptation à l’obscurité est bien plus lente que l’adaptation à la lumière. Deux processus entrent en jeux, au niveau de la quantité de lumière (pupille) et au niveau du traitement de la lumière (rétine).

Dans l’obscurité, la pupille est dilatée au maximum (~ 7 mm) alors que sous une lumière brillante, elle se contracte au maximum (< 1 mm), ne laissant ainsi entrer qu’une faible proportion de la lumière. Même s’il ne faut qu’une seconde à la pupille pour réagir à une variation de l’intensité lumineuse, il faut ensuite plusieurs minutes pour que l’œil s’adapte au niveau de la rétine.  Cette adaptation est encore plus lente chez les personnes âgées.

Si nous passons d’un milieu obscur dans un milieu clair,  nous commençons par être aveuglés, nous ne voyons que du blanc. Les photorécepteurs, habitués à la pénombre, déchargent en grande quantité (décoloration des pigments photosensibles), ce qui provoque le phénomène de lumière blanche. Puis, la rétine s’adapte rapidement en inhibant les bâtonnets (diminution la sensibilité de la rétine) et en activant les cônes (augmentation de l’acuité visuelle et de la vision des couleurs).

Si nous passons d’un milieu clair dans un milieu obscur, nous ne voyons que du noir. Les cônes, habitués à la lumière, s’arrêtent de fonctionner alors que les bâtonnets sont encore inhibés. Puis, la rétine s’adapte en activant mais ce processus est plus lent.  

En ville l’importance des éclairages artificiels a fini par affaiblir la capacité d’adaptation de l’œil humain à la noirceur par manque d’entraînement de l’œil.  Alors les citadins  ressentent une insécurité d’autant plus grande lorsqu’ils se promènent dans l’obscurité et réclament d’autant plus d’éclairage…la boucle est bouclée! Plus nous avons de lumières moins nous voyons dans l’obscurité et plus nous réclamons de lumières….Et pourtant il n’y a pas de corrélation positive entre quantité de lumière et baisse de la criminalité. Ne serait-il pas URGENT d’inverser les processus.

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Le travail de nuit probablement cancérogène pour l’homme !

La lumière artificielle peut être utilisée comme traitement des troubles dépressifs, liés aux jours trop courts, par exemple dans les pays du Nord. C’est un rôle positif ! Mais quand la lumière même à faible intensité est constante la nuit  des problèmes peuvent apparaître….

 La plupart d’entre nous dorment la nuit, car notre rythme biologique, régulé par notre horloge biologique interne nous le réclame. Ce sommeil (et le rêve) est indispensable à l’équilibre des animaux supérieurs (à sang chaud) c’est-à-dire les oiseaux et les mammifères, et sa perturbation peut avoir de graves incidences sur la santé. Mais chez tous ces animaux il existe une horloge interne qui rythme les cycles de veille et sommeil, mais aussi les phases de reproduction, de migration d’espèces, … La luminosité et la durée du jour et de la nuit sont les premiers et principaux stimuli contrôlant les grands rythmes biologiques.

 Chez l’homme, l’horloge biologique a pour support physiologique une petite glande (150 grammes) localisée à la base du cerveau chez l’homme et appelée glande pinéale ou épiphyse. Cette glande, constituée d’un amas de petits neurones, joue un rôle primordial dans les équilibres biologiques en sécrétant la mélatonine également surnommée « hormone du sommeil ».

 Chez l’homme, il existe un pic important de sécrétion de mélatonine entre 1h et 3h du matin. Sa sécrétion est par ailleurs inhibée par la lumière.  L’information jour-nuit est transmise par la rétine et si la personne concernée n’est pas dans l’obscurité les photons lumineux qui touchent la rétine vont transmettre une information qui aura pour ultime conséquence d’arrêter la sécrétion de mélatonine. Comme il n’y a pas de système de stockage de cette hormone, les concentrations plasmiques reflètent l’activité de la glande pinéale. Le rythme de sécrétion de la mélatonine est mature vers l’âge de 5 mois et diminue progressivement avec l’âge pour parfois disparaître chez les personnes âgées.

 La mélatonine a des effets multiples sur la santé ; elle  facilite le sommeil, synchronise les cycles (veille-sommeil, température corporelle, sécrétion d’autres hormones…), favorise la réponse immunitaire, stabilise la tension, maintient la libido et aurait également un rôle anticancéreux.

 « Grâce » aux lumières artificielles nous avons pu nous affranchir des contraintes imposées par l’obscurité et permis aux hommes de travailler 24h sur 24 si nécessaire. En Europe et Amérique du nord,  20% des travailleurs ont des horaires d’équipe et sont amenés à travailler de nuit, notamment dans le secteur sanitaire, industriel, des transports et des communications. L’exposition à la lumière artificielle la nuit entraîne une perturbation au niveau des rythmes de  sécrétion de la mélatonine, sous forme de diminution voire disparition de sécrétion,  comme l’ont montré les études pratiquées sur des animaux[1]. Chez l’homme, plusieurs études scientifiques basées sur des données épidémiologiques ont montré qu’une lumière constante, même faible la nuit, ou un décalage horaire simulé peut-être être associée à l’initiation et à la croissance de certains types de cancers. Chez les femmes travaillant en horaires décalés, en particulier infirmières et hôtesses de l’air, ces perturbations augmentent significative le risque de cancer du sein. Chez l’homme il pourrait entraîner une augmentation du risque de cancer de la prostat[2].

En 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), centre référent de l’OMS, a finalement classé le travail de nuit comme «probablement cancérogène pour l’homme» (groupe 2A). Il estime nécessaires de nouvelles études sur des secteurs autres que médical et aérien, et sur des cancers autres que le cancer du sein.

Ce n’est que récemment que les scientifiques ont été en mesure de démontrer ces impacts de la lumière nocturne, même de faible intensité mais constante, sur la santé humaine. Nous ne sommes qu’au tout début de la compréhension des mécanismes en jeux. Il y a donc un besoin urgent de multiplier les travaux de recherche dans ce domaine et surtout de mettre en place des mesures efficaces afin de diminuer les différentes formes de pollution lumineuse.


[1]Dauchy, R. T.,. Sauer, L. A., Blask, D. E, Vaughan, G.M., 1997, Light contamination during the dark phase in photoperiodically controlled animal rooms: effect on tumor growth and metabolism in rats, Lab. Animal Sci., 47:511-518

Kliukiene, J, Tynes, T, Andersen, A., 2001, Risk of breast cancer among Norwegian women with visual impairment, Br. J. Cancer 84:397-399

Stevens RG, Blask DE, Brainard GC, Hansen J, Lockley SW, Provencio I, Rea MS, Reinlib L. (2007). Meeting report: the role of environmental lighting and circadian disruption in cancer and other diseases. Environ. Health Perspect. 115:1357–1362.

 [2] Abraham Haim, Adina Yukler, Orna Hare, Hagit Schwimmer, Fuad Fares. (2010). Effects of chronobiology on prostate cancer cells growth in vivo. Sleep Sci.;3(1): 32-35

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Rapprochement exceptionnel de la Terre et Jupiter!

La planète Jupiter est présentement à sa position la plus proche de notre planète depuis plus de 10 ans.

Le fait que la Terre et Jupiter se rapprochent de temps à autre s’explique par la révolution des planètes autour du Soleil. Les planètes ne tournent pas complètement en rond autour de notre étoile, on parle plutôt d’ellipse. Ce rapprochement ne se répétera qu’en 2022. Jupiter est plus près de 75 millions de Km. que lors de son dernier rapprochement.

Les propriétaires de lunette astronomique ou de télescope profiteront de cet événement pour regarder de plus près la tache rouge, les lunes de Jupiter ou, peut-être, la réapparition d’une bande nuageuse dans l’hémisphère Sud de Jupiter qui a disparue depuis l’an passé.

Le spectacle à l’œil nu n’est pas à dédaigner, même sous la pollution lumineuse de Montréal. Il n’y aura que la Lune qui sera plus brillante dans le ciel que Jupiter. La planète géante est toujours belle à observer. Ces photos d’elle, prisent le 25 août 2010 au-dessus du Marché Maisonneuve le montrent bien.

Mais pour apprécier le spectacle à son meilleur, trouvez-vous un abri antilumière éblouissante comme un grand parc et des arbres pour bloquer la lumière des lampadaires.

Tenez-vous loin des luminaires qui n’ont aucun abat-jour[1] comme ceux que l’on voit dans plusieurs parcs à Montréal!


[1] Voir l’article  Poteau dans l’œil à la Ville de Montréal

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Poteau dans l’œil à la Ville de Montréal!

Voici un bel exemple de luminaire idéal pour augmenter la pollution lumineuse à Montréal. On retrouve ce modèle dans plusieurs rues et parcs de la ville.

Si le but est d’éclairer les arbres la nuit, l’intérieur des appartements ou le ciel avec toute sa pollution atmosphérique urbaine : ce modèle est parfait! C’est d’ailleurs là que réside toute l’efficacité de ce luminaire.

Pour ce qui est d’éclairer le sol, où se trouvent en général les montréalais, on remarque immédiatement que ce style de luminaire projette une ombre directement vers le bas, là où l’on veut être éclairé! Remarquez l’ombrage au pied du luminaire au coin de la rue complètement à la gauche sur cette photo et l’ombrage, encore plus grand, avec le luminaire double et en avant-plan!

Plus de 50% (voir même 70 ou 80%) de la lumière émise par ce système est complètement inutile et gaspillée! N’oublions jamais que cette lumière utilise l’électricité qui est payé par nous tous!

On peut se consoler, si peu, de notre administration municipale en voyant comment elle utilise les poteaux qui soutiennent cette source de pollution lumineuse bien en place.

Voici un bel exemple, parmi d’autres, que l’on retrouve près du Planétarium de Montréal. La Ville de Montréal, bien consciente de protéger l’environnement, demande aux citoyens de fermer les moteurs qui tournent inutilement et qui augmentent inutilement les gaz à effet de serre… sous peine d’amende!

L’affiche dit que : chaque geste compte et qu’il faut participer à l’effet Domino. Il est clairement écrit que le Développement durable est Le choix de Montréal. Au niveau du slogan, la rime est bonne. Au niveau du Développement Durable, cela ne rime à rien!

Dommage que la Ville de Montréal ne prêche pas par l’exemple dans son désir de diminuer les sources de pollution. L’administration de la Ville de Montréal devrait se rappeler l’évangile de St-Luc, 6, 41 et la parabole de la paille et de la poutre. Au niveau de la pollution lumineuse, la Ville voit bien la paille dans l’œil de ses concitoyens, mais ne voit pas la poutre, ou le poteau, qu’elle a dans le sien!

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Appaisement guérilla de l’intrusion lumineuse

winking streetlight

Halolanuit à remarqué que ce lampadaire dans une ruelle du quartier Mile End de Montréal a reçu un coup de pinceau noir. Nous soupçonnons que les voisins d’en face ont sorti la peinture dans l’objectif de réduire l’intrusion lumineuse.

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Astronomie Extrême pour les Montréalais

Explorer les astres à Montréal est possible pour tout le monde; débutants, amateurs ou professionnels. Cependant, avec la pollution lumineuse urbaine, pratiquer l’observation astronomique est ce que l’on appelle de l’astronomie extrême.

Montréal ne donne malheureusement pas sa place en termes de pollution lumineuse. À ce niveau, nous dépassons la ville de New-York. Au mieux, une vingtaine d’étoiles sont visibles ici.

Nous apercevons bien ici la répartition de la pollution lumineuse dans l’Est de l’Amérique du Nord. Les différentes couleurs indiquent l’intensité de cette pollution selon l’échelle de Bortle. Le Blanc affiche un ciel extrêmement pollué, tandis que le noir complètement dégagé.

Source : (Cinzano, Falchi & Elvidge 2001; Isobe, Hamamura & Elvidge) / http://www.astrolab-parc-national-mont-megantic.org/fr/pollution_lumineuse.qu_est_ce_que_pollution_lumineuse.gaspillage_energie.htm

Cette carte nous éclaire plus spécifiquement sur la répartition de la pollution lumineuse au centre du Québec, dans la vallée du St-Laurent. Les villes de Montréal et Québec sont les leaders, mais d’autres localités plus petites, et éloignées, ne sont pas loin dans la triste course, comme Trois-Rivières, La Tuque, Mont-Laurier, Baie St-Paul, etc.

Source : http://www.astrophoto.ca/fr/lightpollution/lightpollution_qc.fr.html

Rejoint par Halolanuit, un spécialiste de la question au Planétarium de Montréal, M. André Bordeleau, nous signale que cette pollution lumineuse montréalaise augmente constamment, et pour différentes raisons :

“La pollution lumineuse s’étend de plus en plus des villes en direction de la campagne à un rythme qui dépasse l’expansion urbaine.

Les dômes de pollution existants ne cessent de s’élargir même si la population reste stable (étalage urbain sans aucun contrôle sur les nouveaux lampadaires et autres luminaires extérieurs, nouveaux centres d’achats, éclairage extérieur pour mettre en valeur le jardin, la piscine, les arbres, etc.).

Les Baby Boomers, qui ont grandi et vécu toute leur vie dans des métropoles et villes polluées, amènent cette pollution avec eux à la campagne lors de leur retraite (lampadaires de sécurité, etc.)”

Exemple de la différence entre un ciel pur et un ciel pollué de lumière. Cette comparaison photographique a été possible lors d’une panne d’électricité dans la région de Toronto. Source : Todd Carlson, http://www2.ville.montreal.qc.ca/ocpm/pdf/41/11d.pdf

Qu’a-t-on besoin comme équipement pour observer?

Nos yeux, une carte du ciel, une lampe de poche. Voilà. Une paire de jumelles est un appareil d’observation efficace s’il peut être installé sur un trépied. Sa tenue à mains libres fatigue vite et l’image regardée bouge constamment. Mais avant d’utiliser un appareil optique, il faut connaître son ciel

La lampe de poche doit éclairer rouge. Cette couleur n’affecte pas nos yeux dans l’obscurité comme le fait la lumière blanche. Toutes les lampes de poche sont bonnes. Il s’agit simplement de coller un acétate, ou un papier relativement opaque, de couleur rouge sur la vitre protectrice de la lumière et le tour est joué.

Vous trouverez une carte du ciel, ou cherche-étoiles, dans les librairies. Choisissez les modèles juniors pour débuter, toutes les informations essentielles s’y trouvent : noms des constellations, dessins mythologiques, principales étoiles. Les planètes ne sont jamais indiquées sur les cherche-étoiles puisqu’elles bougent continuellement dans le ciel…Vous pouvez naviguer sur de nombreux sites Web qui offrent aussi ces cartes. Le logiciel Stellarium, entre autres, s’obtient gratuitement sur le Web!

Quand commencer?

Quand vous êtes prêts et qu’il n’y a pas de nuages!  Mais, petit conseil pour commencer ce loisir scientifique en ville, évitez au début, les soirs de Pleine Lune. Même si elle est très jolie, elle éblouit nos yeux et le ciel. Son apport en pollution lumineuse n’est pas négligeable. En zone urbaine, son ajout de pollution est estimé à environ 20%, tandis qu’à la campagne il dépasse 50%. Sur environ 3 000 étoiles visibles, près des 2/3 sont voilées par la pollution lumineuse lors de la Pleine Lune.

Sauf si vous voulez observer ses différentes régions, la Pleine Lune n’est pas idéale pour commencer. Profitez d’elle lors d’un souper à la chandelle. La Pleine Lune est pour les amoureux! Par contre, à la Nouvelle Lune, vous pourrez passer la nuit blanche à observer un ciel plus noir. La Nouvelle Lune est pour les astronomes!

Où aller?

À l’abri de la lumière, et c’est bien là que l’exercice devient extrême. Identifiez un endroit, dont le ciel est assez dégagé, où la lumière directe n’affecte pas votre visibilité. Nous ne pouvons pas éliminer le ciel pollué, mais nous pouvons diminuer l’éblouissement dans nos yeux. Un grand parc, un terrain de sport ou tout lieu sécuritaire fait l’affaire.

Première constellation à trouver, la Grande Ourse. Bien visible durant toute l’année à Montréal, elle ressemble à un grand chaudron avec son manche.

Source : http://www.stelvision.com/debutants-astronomie/debutants-astronomie.php

En calculant la distance des deux étoiles au bout du chaudron 5 fois, en ligne droite avec elles, vers son ouverture, vous arrivez directement à l’étoile polaire.  Vous venez de trouver le Nord!

La Grande Ourse devient la clef qui vous ouvre toutes les portes des constellations du ciel. En positionnant la Grande Ourse de votre carte du ciel (à la bonne heure et date) avec celle visible dans le ciel, votre carte est bien alignée sur toutes les autres étoiles et constellations.

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Il est à noter, pour terminer cet alignement de base, que l’étoile polaire n’est pas très brillante comme certains le croient, mais elle est bien visible à Montréal.

L’étoile polaire représente le bout du petit chaudron de la Petite Ourse.

Source : http://kokotata.chez.com/etoile.html

En été, vous retrouverez au-dessus de vous le grand Triangle de l’été. Il est composé de 3 étoiles de 3 constellations différentes; Véga de la Lyre, Altair de l’Aigle et Deneb du Cygne. Essayez de le retrouvez dans les deux photos ci-dessous; à gauche en ville et à droite à la campagne.

Simulation du ciel d’été, à gauche en ville et à droite à la campagne, grâce au logiciel Starry Night Pro version 4.0.5. Source : André Bordeleau, Planétarium de Montréal

Ciel de l’été 2010

Plusieurs planètes sont visibles présentement. Au coucher du Soleil à l’Ouest nous retrouvons la brillante Vénus suivi de Mars (point orangé) et Saturne (point plus jaunâtre) Un truc simple pour repérer les planètes : contrairement aux étoiles, elles ne scintillent pas. Vers minuit à l’Est se lève Jupiter elle aussi très brillante.

La pluie d’étoiles filantes des Perséides est toujours prévue, comme à chaque année, dans les nuits du 11 au 12 au 13 août. On prévoit plus de 50 étoiles filantes à l’heure. Mais là, au niveau de l’équipement, il vous faut une automobile pour sortir de la ville et aller à la campagne : elles sont invisibles en ville.

Il faut éviter les Pleines lunes quand on fait de l’observation, cependant, réservez votre Pleine Lune du 20 décembre 2010. Non pas pour un souper à la chandelle cette fois-ci, mais pour l’astronomie : il y aura une éclipse totale lunaire dans la nuit du 20 au 21 décembre 2010, au solstice de l’hiver. Sans nuage au-dessus de Montréal, ce sera un spectacle à ne pas manquer… Nous en reparlerons en temps et cieux!

Impliquez-vous!

Tout le monde peut participer à l’étude et à la diminution de la pollution lumineuse. Le site Web Globe at Night offre aux citoyens l’opportunité d’enregistrer la luminosité de leur ciel nocturne.

Voilà une bonne occasion de faire un geste éclairé sur notre environnement.

Publié dans Astronomie, Ciel, Montréal | Laisser un commentaire