
La pollution lumineuse gaspille des ressources humaines, économiques, naturelles et contribue à l’augmentation des GES (gaz à effet de serre) et ce à toutes les nuits de chaque jour! Peut-on au Québec, société en pleine crise économique, se payer ce lux? À la lumière des dernières données, il semble bien que oui!
Nous sommes assez riches pour lancer vers le ciel 45 millions de dollars par année, l’équivalent de 20 000 maisons chauffées à l’électricité annuellement. Et quelles en sont les retombées : notre place comme leader mondial pour générer le plus de lumière par citoyen. Nous sommes le peuple le plus brillant du système solaire.
Plusieurs municipalités québécoises ont l’opportunité de sauver des millions de dollars qui pourraient être investis dans des services aux citoyens plus utiles que d’éclairer les nuages.
Selon une étude du CRAQ (Centre de Recherche en Astrophysique du Québec), les dépenses sont considérables et, suite à des changements de luminaires, les économies le sont tout autant en quelques années seulement. Certaines compagnies de luminaires au Québec sont des leaders en technologie d’éclairage urbain.

Source: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C. D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder). Copyright Royal Astronomical Society
Nos voisins du Sud, plus riches, ne donnent pas leur place. L’International Dark- Sky Association estime à 1,5 milliard de dollars annuellement le coût de l’éclairage inapproprié aux États-Unis. En Angleterre, la ville de Londres injecte chaque année 2,9 millions d’Euro pour illuminer le ciel. Ce ne sont que quelques exemples d’une situation mondiale qui empire d’environ 5% par année…Si on ne fait rien, l’avenir sera trop brillant!
Cette photo de la Terre, prise durant la nuit de tous les pays, met en lumière la situation mondiale de cette pollution. Les principales émissions viennent de l’hémisphère Nord, des pays les plus riches de la planète et qui gaspillent le plus. Cette pollution lumineuse a la particularité d’être la seule que l’on peut éliminer instantanément. Éclairer intelligemment nous fait gagner des millions sur le champ.


Pollution “verte”?
L’énergie québécoise provient principalement de l’hydroélectricité : nous produisons une pollution verte. Elle est verte au niveau des émissions de GES (gaz à effet de serre). Il faut bien sûr ici fermer les yeux sur tous les impacts environnementaux et sociaux toujours présents à chaque nouveau barrage ou harnachement de rivière.
D’autres régions du globe blanchissent le ciel d’une pollution plus sale lorsque l’électricité produite vient des centrales thermiques (charbon, gaz ou pétrole). Par exemple, les besoins en énergie augmentant constamment, on remet en service en France de vieilles centrales thermiques qui ont déjà bien démontré leurs capacités destructrices de l’environnement. Enfin, il faut garder en tête les déchets radioactifs des centrales nucléaires qui augmentent inutilement simplement pour éclairer le ciel.

