Des Montréalais contre la pollution lumineuse

Comparé aux alertes de smog, aux gaz à effet de serre et à l’état du fleuve Saint-Laurent, la pollution lumineuse est une problématique peu connue et peu reconnue à Montréal. Cependant, dans le contexte des consultations publiques sur le plan d’urbanisme qui a été complété en 2005, plusieurs organismes ont rendu public leur opposition à l’éclairage nocturne déchaîné.

La Fédération des Astronomes amateurs du Québec a déposé un mémoire (pdf)  de 20 pages décrivant la problématique de la pollution lumineuse

La FAAQ a pour mission de représenter les individus, groupes (clubs) et institutions reliés à l’astronomie amateur au Québec et de soutenir ses membres dans la pratique et la promotion de ce loisir. Ils comptent plus que 600 membres à Montréal. Dans le cadre de la mission de la FAAQ, le mémoire montre la préoccupation de l’organisme face au voilement des étoiles causé par un éclairage inadéquat. « Pour apprécier la beauté de la nuit, il faut éviter de créer une deuxième journée!” déclarent les auteurs de la mémoire.

La FAAQ propose que la Ville de Montréal implante des réglementations ou des orientations pour encadrer l’éclairage nocturne dans les secteurs commerciaux, industriels, institutionnelset routiers. En particulier, la FAAQ recommande :

  • d’utiliser des niveaux d’éclairement modérés ;
  • d’utiliser des luminaires efficaces minimisant les pertes de lumière vers le ciel ;
  • de privilégier des sources lumineuses au sodium haute pression ;
  • de privilégier des installations minimisant les débordements de lumière hors des surfaces concernées ;
  • de favoriser l’implantation de couvre-feu (principalement les aires commerciales, stationnements et les industries) et favoriser plutôt le recours à un éclairage de sécurité suffisant. (source : FAAQ 2004, p.12)

Héritage Laurentienne est un organisme environnemental voué à la gestion, la sensibilisation et  à l’entretien écologique du parc des Rapides, sur les abords du fleuve Saint-Laurent dans le secteur Sud- Ouest de Montréal. Cet organisme a appuyé la position de la FAAQ face à la pollution lumineuse, mais dans le contexte d’une préoccupation par rapport à l’effet de l’éclairage nocturne sur les oiseaux migrateurs.

Entre autres pistes d’action, Héritage Laurentienne a proposé la mise en place de “mesures réglementaires obligeant l’installation de minuteries qui éteignent les lumières dans les gros édifices la nuit. (Ceci est aussi important étant donné que Montréal est situé sur le corridor de migration du Saint-Laurent et que 500 millions d’oiseaux meurent annuellement en Amérique du Nord lors de leur migration en frappant des édifices éclairés).” (Héritage Laurentienne, 2004, p.6).

L’Université McGill a aussi appuyé la réduction de la pollution lumineuse parmi d’autres mesures environnementales, dans son mémoire sur le plan d’urbanisme 2004.

Le Forum jeunesse de l’île de Montréal a aussi soulevé l’importance d’assurer l’accès visuel au ciel étoilé, dans un mémoire sur le projet de Politique du patrimoine de Montréal (pdf). Ce groupe, qui représente les intérêts des Montréalais de 12-30 ans, a écrit:

« Il peut sembler curieux d’intégrer cette notion de pollution lumineuse dans une Politique du patrimoine, mais la capacité pour les Montréalaises et les Montréalais de voir le ciel dans toute sa splendeur fait partie de la qualité de vie, de la capacité de rêver et de s’intéresser à l’histoire de l’utilisation de ces mêmes étoiles par les marins, il y a plus de 400 ans, pour se diriger en mer et pour découvrir notre île. Le ciel étoilé est souvent le meilleur vecteur pour intéresser les jeunes aux sciences, pourquoi ne pas s’en servir pour les intéresser à leur histoire, à leur patrimoine ? Mais pour cela, encore faudrait-il pouvoir les voir. ». (Forum jeunesse de l’île de Montréal, 2005, p. 16)

 

 

Donc, nous voyons que plusieurs organismes ont levé la voix pour préserver la nuit, et que l’apaisement de la pollution lumineuse peut s’inscrire à l’intérieur de plusieurs objectifs différents.

La Ville de Montréal a, jusqu’un certain point, intégré ces préoccupations dans le plan d’urbanisme de 2005…mais les problèmes persistent. Dans les billets qui suivent, Halo la nuit va tenter d’expliquer les lacunes et les prochaines actions à prendre.

A propos halolanuit

La pollution lumineuse à Montréal
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